Un penseur du socialisme encourageant pour le Parti Anticapitaliste (sic)

Lors de l’émission matinale de France Inter ce lundi 9 juin, l’invité, un certain Benoît, une tête pensante du Parti Socialiste, a fait de lumineuses mises au point sur l’état d’esprit actuel à l’état-major du PS. Il déclarait par exemple, sans rire, que le PS doit se demander « à quoi il peut servir ». Excellente question.

Interrogé ensuite sur le débat d’idées et de tendances actuellement très très chaud au sein du grand parti de gauche, il rassurait tout le monde en affirmant que, au niveau des idées, les divers candidats à la tête du Parti Socialiste « ne diffèrent pas d’un iota », mais qu’il savait « gré à Bertrand Delanoé de poser la question du libéralisme, car c’est important les libertés ». C’est effectivement une autre bonne « question ». Et c’est vrai que c’est important, les libertés.

Et de frapper le Nouveau Parti Anticapitaliste d’un magistral « Ce n’est que l’adaptation de la LCR a l’air du temps. Il n’y a absolument personne de nouveau par rapport à la LCR dans le Nouveau Parti Anticapitaliste. C’est une bonne opération de marketing politique  pour Olivier Besancenot.» Intéressante définition de l’engagement révolutionnaire dans la bouche d’un politicien bourgeois, mais à sa décharge, quel exemple d’une volonté politique non soluble dans le marketing ce penseur du socialisme dans l’air du temps pourrait-il rencontrer dans son entourage ? En tout cas c’est encourageant quelque part pour le NPA, et surtout pour l’anticapitalisme, d’abord en regard de cet intérêt croissant qu’on semble lui porter sous les feux de la rampe médiatique (mais pas toujours pour le déplorer d’ailleurs, ce qui est encore plus étonnant), et ensuite parce qu’on s’y connaît en marketing, au Parti Socialiste, même si les ardentes recherches de la « bonne opération » n’y sont pas complètement satisfaites à l’heure ou nous parlons.

Reprenant cette intéressante métaphore de l’air du temps à propos de la naissance d’un parti anticapitaliste, il concluait, sans pitié, que « le propre de l’air du temps, c’est d’emporter les feuilles mortes ». Imparable, mais, euh, de quelle chose morte parles-tu Benoît ?

Conjecturant enfin que la situation sociale serait en 2012 fortement préoccupante, il continuait en reconnaissant benoîtement qu’il faudrait peut-être réfléchir plus sérieusement à la "question" du social. Voilà qui est de bon augure.

Benoît, mon grand, il est long le chemin à l’école du socialisme. Continue tes efforts, tu es sur la bonne voie. Fais seulement un peu plus attention à ce que tu dis, et tout devrait bien se passer. Mais mets bien ton cache-col, l’air du temps est changeant ces temps-ci.