Comités d'initiatives en France : état des lieux provisoire

Article paru dans sur le site de la LCR : http://www.lcr-rouge.org/spip.php?article1322

Les initiatives en faveur du nouveau parti se multipliant, il est utile de donner un aperçu de la réalité du processus constituant.

Vous avez déjà pu lire, dans votre hebdomadaire préféré, divers comptes rendus des activités nouveau parti qui sont organisées dans les villes, les quartiers, les entreprises ou les secteurs d’activité. Mais, comme Rouge n’est pas extensible, vous ne savez pas tout. À l’heure qu’il est, avec les informations fournies par une partie des régions, nous pouvons faire un état précis des activités nouveau parti anticapitaliste (NPA) dans 40 départements. Dans chacun d’entre eux, des activités ont eu lieu dans au moins une ou, en général, plusieurs villes, avec parfois des activités décentralisées dans divers quartiers des moyennes et grandes villes (notamment des cités, à Avignon, Toulouse ou Marseille).

S’ajoutent à cela des activités par secteurs, avec la création de comités dans les universités (Bordeaux, Rouen, région parisienne…), des rencontres avec des salariés d’une même branche (métallurgie dans le Valenciennois, par exemple, banques, La Poste ou cheminots dans la région parisienne), des salariés précaires (à Paris), des salariés d’une même entreprise (Peugeot Mulhouse) ou des syndicalistes de différents secteurs (comme à Belfort, Quimperlé ou Saint-Avold, en Moselle).

En ce qui concerne les activités locales des sections, de multiples critères expliquent la variété des rythmes et des situations. On peut en retenir trois, la présence et la disponibilité d’équipes syndicales, l’ancienneté de l’implantation des sections de la LCR et l’articulation ou non entre l’activité NPA et les élections municipales. Une implantation ancienne est parfois synonyme d’un rythme rapide, dû à la visibilité et à l’ancrage de l’organisation. Parfois, elle peut aussi signifier que l’ampleur du bouleversement à opérer par l’ensemble des militants de la LCR demande un gros travail de conviction.

Dans les sections très récentes, les choses sont parfois plus avancées du point de vue de la structuration, parce qu’il n’y a jamais vraiment eu (ou pas longtemps) de fonctionnement en section LCR (Bar-le-Duc, dans la Meuse, ou dans le bassin minier du Nord). Les municipales ont aussi une influence variable. Dans certains cas, l’articulation avec le processus du NPA a été forte, soit qu’il s’agisse d’une liste LCR ayant associé de nombreuses autres personnes (par exemple, Montreuil, en Seine-Saint-Denis, Saint-Malo, Metz, Valenciennes, Paris 20e), beaucoup de sections indiquant d’ailleurs que la question du NPA a beaucoup facilité la recherche de colistiers, soit qu’il s’agisse d’une liste unitaire dans laquelle les partenaires sont partants pour l’aventure. Dans d’autres villes, les deux activités se sont menées de manière moins complémentaire, ou les sections ont privilégié les municipales, auquel cas les sections entament maintenant le processus (Rennes, Calais ou Nanterre-ville) ou elles tentent de mettre à profit les acquis des municipales, sans que le transfert puisse se faire aussi facilement.

Si les rythmes sont différents, les étapes sont toujours à peu près les mêmes : une réunion publique et/ou sur invitation, en direction des sympathisants, des syndicalistes, des colistiers, un nombre variable de réunions supplémentaires, puis la structuration en comité d’initiative et, là où les choses sont les plus avancées, la question d’une coordination départementale. Une partie des villes en sont encore à la première étape, mais beaucoup sont déjà en train de passer à l’étape 2. La plupart des sections ont eu le souci de constituer les comités d’initiative avec des militants de la LCR en nombre volontairement réduit, pour que les autres composantes, groupes, équipes ou individus, puissent y prendre leur place.

En ce qui concerne l’assistance, c’est là encore variable, mais les participants le plus souvent cités sont des militants syndicalistes, associatifs, ex ou membres du PCF ou des collectifs antilibéraux ou Bové. Les participants au processus posent des questions très diverses, dont il faudrait deux pages pour faire la liste. Retenons les interrogations sur le fonctionnement du futur parti, et surtout sur le rapport entre parti et syndicats et l’autonomie syndicale, question décisive à laquelle il nous faut répondre avec clarté.